Escritoras y Pensadoras Europeas
I+D del Ministerio de Educación y Ciencia (Duración: 3 años. Ref. HUM 2005-06658/FILO)
Investigadora Principal Dra. Mercedes Arriaga
Universidad de Sevilla
Escritoras y Pensadoras Europeas
Irène Némirovsky (1903 - 1942)
- Período Literario: Siglo XX
- Lengua en la que escribe: francés
Irène Némirovsky nació en Kiev el 11 de frebrero de 1093 en el seno de una familia judía acudalada. Irene creció en un ambiente burgués donde no faltó la institutriz francesa que se encargara de la educación de la niña. Fue así como Irene conoció y se desenvolvió, desde temprana edad, en francés.
En diciembre de 1918 la familia se vio obligada a escapar de Rusia como consecuencia de la Revolución. Tras permanecer un año en Finlandia, se instalaron en París en 1919, cuando Irène contaba con 16 años. Una vez en París, retomó sus estudios y pronto comenzó a publicar sus escritos en revistas. Se licenció en Letras en la Sorbona en 1926, el mismo año en que se casó con Michael Epsein. Fruto de este matrimonio fueron sus dos hijas: Denise (1929) y Élisabeth (1937).
En 1929, un sobre anónimo que contenía una novela manuscrita en francés titulada David Golder cayó en las manos de Bernard Grasset. El texto entusiasmó al editor. Deseoso de contactar con el autor, publicó un anuncio en un peródico solicitando la presencia de éste en la editorial. Así fue cómo Irène Némirovsky, a los 26 años, vio publicada su primera novela.
Un año después salió al mercado El baile, que sería llevada al cine por Danielle Darrieux.
A pesar de ser una escritora reconocida e integrada en la sociedad parisina, su origen judío hizo que le fuera denegada la nacionalidad francesa en 1938. Un año más tarde, ella y su familia se convirtieron al catolicismo. Pero esto no impidió que las leyes antisemitas promulgadas en 1940 privaran a Michele Epstein de su derecho a trabajar y a Irène de publicar. La situación era cada vez más difícil, por lo que el matrimonio, portando la estrella amarilla, se refugió en Issy-l'Évêque, donde habían mandado a sus hijas en 1939 junto a la familia de su niñera.
Irène, consciente de que corrían malos tiempos y de que el desenlace podría ser trágico, se dedica a escribir. Es en este periodo cuando escribe La vida de Chéjov, (una biografía sobre el autor ruso) y Las moscas de otoño. También inicia su obra póstuma Suite francesa, que no llegaría a terminar pues el 13 de julio de 1942 fue arrestada e internada en el campo de Pithiviers para, posteriormente, ser deportada a Auschwitz, donde murió en agosto de 1942.
Michel Epstein escribió al mariscal Pétain para pedirle que le dejaran ocupar el lugar de su esposa, pero la única respuesta que recibió fue su inmediato arresto. El 6 de noviembre de 1942 fue deportado a Auschwitz y ejecutado.
Tras la muerte de sus padres, las dos niñas se vieron obligadas a vivir escondidas durante la guerra, ayudadas por amigos de la familia. Con ellas siempre portaron una maleta que, además de algunos recuerdos de sus padres, contenía una serie de manuscritos confiados por su madre. Entre ellos se encontraba la novela inacabada Suite francesa, que había sido concebida como una obra en cinco partes de las que Irène sólo pudo acabar dos: Tempestad en junio y Dolce.
Tuvo que pasar tiempo hasta que Elisabeth se decidiera a mecanografiar el manuscrito y, al descubrir que se trataba de una novela inacabada, decidera entregarlo al Institut Mèmoire de lÈdition Contemporaine. La obra fue publicada en 2004 y con ella recibió, a título póstumo, el Premio Renaudot.
Obras
OBRAS PUBLICADAS EN VIDA
Le Malentendu, 1923
L'Enfant génial, Fayard, 1927
David Golder, Grasset, 1929
Le Bal, Grasset, 1929
Les Mouches D'automne, Grasset, 1931
L'Affaire Courilof, Grasset, !933
Le pion sur L'échier, Albin Michel, 1934
Films parlés, NRF, 1934
Le vin de solitude, Albin Michel, 1935
Jézabel, Albin Michel 1936
La proie, Albin Michel, 1938
Deux; Albin Michel, 1939
Les chiens et les loups, Albin Michel, 1940
OBRAS PUBLICADAS TRAS SU MUERTE
La vie de Tchekhov, Albin Michel, 1946
Les biens de ce monde, Albin Michel, 1947
Les feux de l'automne, Albin Michel, 1957
Dimanche et autres nouvelles, 2000
Destinées et autres nouvelles, 2004
Suite Française, 2004, Prix Renaudot, 2004
Le maître des âmes, Denoël, 2005
Chaleur de sang, Denoël, 2007
Traducciones
EDICIONES EN ESPAÑOL
Las moscas de otoño o La mujer de otrora, El Aleph Editores, 1987
Fogatas, el aleph Editores, 1988
La vida de Chejov, Noguer Ediciones, 1991
Los perros y los lobos, Noguer Ediciones, 1997
El baile, Publicaciones y Ediciones Salamandra, 2006
David Golder, RBA LIBROS, 2006
Suite francesa, RBA LIBROS, 2007
El ardor de la sangre, Salamandra Ediciones, 2007
EDICIONES EN INGLÉS
David Golder, Vintage Canada, 2007
Fire in the Blood, DENOEL, 2007
David Golder, The Wall, Snow in Autumn, The Courilof Affair, Everyman's library, 2007
Suite Francaise, Chatto & Windus, London,2004 / Knoff, New York, 2006
Bibliografía Crítica
* Irène Némirovsky: Her Life and Works, Jonathan Weiss, Stanford: Stanford University Press, 2006. ISBN 978-0-8047-5481-1.
* Le Mirador, Mémoires rêvées, Elisabeth Gille (Biografía de Irène Némirosky escrita por su hija) NemiPresses de la Renaissance (1992) ISBN 2856166296, Disponible en Inglés a través de Knopf in Fall 2006 y en español a través de Circe,1995, ISBN 2518-1995
* As France Burned, Paul Gray, New York Times Book Review, April 9, 2006
*"Le Memorial de la Deportation des Juifs de France", Serge Klarsfeld, Paris, 1978. No pagination
Enlaces de interés
- Site officiel de l\'écrivain Irène Némirosky http://pagesperso-ora
- http://www.iht.com/articles/2008/03/07/arts/IDLEDE8.php
- Scandale Francaise http://www.tnr.com/story_print.html?id=1ed87cd1-09
Texto Representativo
Chapitre I : La Guerre
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Chaude, pensaient les Parisiens. L'air du printemps. C’était la nuit en guerre, l'alerte. Mais la nuit s’efface, la guerre est loin. Ceux qui ne dormaient pas, les malades au fond de leur lit, les mères dont les fils étaient au front, les femmes amoureuses aux yeux fanés par les larmes entendaient le premier souffle de la sirène. Ce n’était encore qu’une aspiration profonde semblable au soupir qui sort d’une poitrine oppressée. Quelques instants s’écouleraient avant que le ciel tout entier s’emplît de clameurs. Elles arrivaient de loin, du fond de l’horizon, sans hâte, aurait-on dit! Les dormeurs rêvaient de la mer qui pousse devant elle ses vagues et ses galets, de la tempête qui secoue la forêt en mars, d’un troupeau de boeufs qui court lourdement en ébranlant le sol de ses sabots, jusqu’à ce qu’enfin le sommeil cédât et que l’homme murmurât, on ouvrant à peine les yeux.
_ C’est l’alerte ?
Déjà, plus nerveuses, plus vives, les femmes étaient debout. Certaines, après avoir fermé les fenêtres et les volets, se recouchaient. La veille, le lundi 3 juin, pour la première fois depuis le commencement de cette guerre, des bombes étaient tombées à Paris; mais le peuple demeurait calme. Cependant les nouvelles étaient mauvaises. On n’y croyait pas. On n’eût pas cru davantage à l’annonce d’une victoire. «On n’y comprend rien», disaient les gens. A la lumière d’une lampe de poche on habillait les enfants. Les mères soulevaient à pleins bras les petits corps lourds et tièdes: «Viens, n’aie pas peur, ne pleure pas.» C’est l’alerte. Toutes les lampes s’éteignaient, mais sous ce ciel de juin doré et transparent, chaque maison, chaque rue était visible. Quant à la Seine, elle semblait concentrer en elle toutes les lueurs éparses et les réfléchir au centuple comme un miroir à facettes. Les fenêtres insuffisamment camouflées, les toits qui miroitaient dans l’ombre légère, les ferrures des portes dont chaque saillie brillait faiblement, quelques feux rouges tenaient plus longuement que les autres, on ne savait pourquoi, la Seine les attirait, les captait et les faisait jouer dans ses flots. D’en haut, on devait la voir couler blanche comme une rivière de lait. Elle guidait les avions ennemis, pensaient certains. D’autres affirmaient que c’était impossible. En réalité, on ne savait rien. «Je reste dans mon lit», murmuraient des voix ensommeillées, «j’ai pas peur. - Tout de même, il suffit d’une fois», répondaient des gens sages.
À travers les verrières qui protégeaient les escaliers de service dans les immeubles neufs, on voyait descendre une, deux, trois petites flammes: les habitants du sixième fuyaient ces hautes altitudes; ils tenaient devant eux leurs lampes électriques allumées malgré les règlements. «Mais j’aime mieux pas me casser la gueule dans les escaliers, tu viens, Emile?» On baissait instinctivement la voix comme si l’espace se fut peuplé de regards et d’oreilles ennemis. On entendait battre les unes après les autres les portes refermées. Dans les quartiers populaires, il y avait toujours foule dans les métros, dans les abris à l’odeur sale tandis que les riches se contentaient de rester chez leurs concierges, l’ouïe tendue vers les éclatements et les explosions qui annonceraient la chute des bombes, attentifs, les corps dressés comme des bêtes inquiètes dans les bois quand s’approche la nuit de la chasse; les pauvres n'étaient pas plus craintifs que les riches; ils ne tenaient pas davantage à leur vie mais ils étaient plus moutonniers qu’eux, ils avaient besoin les uns des autres, besoin de se tenir les coudes, de gémir ou de rire en commun. Le jour allait bientôt paraître; un reflet pervenche et argent se glissait sur les pavés, sur les parapets des quais, sur les tours de Notre-Dame. Des sacs de sable enfermaient les principaux édifices jusqu’à la moitié de leur hauteur, ensachaient les danseuses de Carpeaux sur la façade de l'Opéra, étouffaient le cri de La Marseillaise sur l’Arc de Triomphe.
Assez lointains encore, des coups de canon retentissaient, puis ils se rapprochaient et chaque vitre tremblait en réponse. Des enfants naissaient dans des chambres chaudes où on avait calfeutré les fenêtres afin qu’aucune lumière ne filtrât au-dehors, et leurs pleurs faisaient oublier aux femmes le bruit des sirènes et la guerre. Aux oreilles des mourrants, les coups de canon semblaient faibles et sans signification aucune, un bruit de pluie dans cette rumeur sinistre et vague qui accueille l'agonisant comme un flot. Les petits collés contre le flanc chaud de leur mère dormaient paisiblement et faisaient avec leurs lèvres un clappement léger comme celui d’un agneau qui tète. Abandonnées pendant l’alerte, des charrettes de marchandes des quatre-saisons demeuraient dans la rue, chargées de fleurs fraîches.
Le soleil montait tout rouge encore dans un firmament sans nuages. Un coup de canon fut tiré, si proche de Paris à présent que les oiseaux s’envolèrent du haut de chaque monument. Tout en haut planaient de grands oiseaux noirs, invisibles le reste du temps, étendaient sous le soleil leurs ailes glacées de rose, puis venaient les beaux pigeons gras et roucoulants et les hirondelles, les moineaux sautillaient tranquillement dans les rues désertes. Au bord de la Seine, chaque peuplier portait une grappe de petits oiseaux bruns qui chantaient de toutes leurs forces. Au fond des caves, on entendit enfin un appel très lointain, amorti par la distance, sorte de fanfare à trois tons. L’alerte était finie.
