Escritoras y Pensadoras Europeas
I+D del Ministerio de Educación y Ciencia (Duración: 3 años. Ref. HUM 2005-06658/FILO)
Investigadora Principal Dra. Mercedes Arriaga
Universidad de Sevilla
Escritoras y Pensadoras Europeas
Gabrielle-Émilie Le Tonnelier De Breteuil (1706 - 1749)
- Período Literario: Ilustracion
- Lengua en la que escribe: francés
Marquesa de Châtelet
El 17 de diciembre de 1706 nació Madame de Chatêlet, en Saint-Jean-en-Greve, Francia, durante el reinado de Luis XIV. Desde su infancia tuvo el deseo de saber e hizo todos los esfuerzos para conseguirlo.
Frecuentaba la corte y a la reina en particular, pero después de las veladas mundanas, no descuidaba jamás sumergirse en los estudios científicos de los que era una apasionada. Uno de sus amantes, el duque de Richelieu, la animó a emprender estudios superiores de física y matemáticas que completó con los mejores maestros, entre los que figuraban Pierre Louis de Maupertuis y Alexis Claude Clairaut, académicos newtonianos y estudiosos de Leibniz. Se decía que, disfrazada de hombre, participaba en las reuniones de científicos que se celebraban en los cafés parisinos en los que no estaban admitidas las mujeres.
En sociedad se pedía un dominio de las emociones y una frialdad que, ciertamente, la marquesa no parecía tener; pasional o imprudente, hacía que se hablase de ella, de sus ligeras correrías, de sus amores incontenidos. Parecía ser el modelo femenino de la conducta libertina.
En 1733, después de ocho años de matrimonio y aburrimiento conyugal con Florent Claude, marqués de Châtelet-Lamon, con quien había tenido una hija y dos hijos, inició una relación con Voltaire que la indujo a abandonar a aquél y la vida de la corte. Fue una relación madura basada en las afinidades de gustos y de trabajo. Mme. du Châtelet busca, dice, la seguridad de Voltaire. Busca, a la vez, el cumplimiento de sus deseos amorosos, mostrando este sentimiento como una profunda pasión que la impulsa. En el centro de su discurso está la idea de la felicidad, tal como ella la vislumbra: "el placer de pasar todos los momentos de mi vida con la persona que amo". Lo contrario, la negación del amor, es la infelicidad. Con estos argumentos, se autoriza y se impulsa: "no creo haber nacido para ser infeliz". Se estableció con Voltaire en Cirey, en el ducado de Lorena, y convivió con él durante casi quince años. Ambos transportaron a la casa de Cirey millares de volúmenes de sus bibliotecas e instalaron allí un verdadero laboratorio.
Cuando contaba 43 años de edad, y en plena traducción de los Principia, la marquesa quedó embarazada del marqués de Saint-Lambert. Según su propio testimonio, tuvo que trabajar intensamente para concluir la traducción. Falleció de fiebre puerperal a los pocos días de haber dado a luz una niña. La traducción de Émilie de Chatêlet sigue siendo la única versión francesa del libro de Newton.
Obras
- Institutions de Physique, Paris, Prault, 1740.
- Réponse à la lettre de Mairan sur la question des forces vives, Bruxelles, Foppens,1741.
- Analyse de la philosophie de Leibniz, 1740
- Dissertation sur la nature et la propagation du feu, Paris, Prault, 1744.
- Doutes sur les religions révélées, adressées à Voltaire, Paris, 1792.
- Discours sur le bonheur, introducción y notas de Robert Mauzi, Paris, Les Belles-Lettres, 1961.
- Principes mathématiques de la philosophie naturelle de Newton, traduits du latin par Mme. Du Châtelet, prefacé de Costes, et Éloge historique de Voltaire, 2 vols., Paris, Desaint et Saillant, 1759, reeditado en facsímil en París, Blanchard, 1966.
- De l'Existence de Dieu, (imprimé à la suite de l'édition de ses lettres de 1806, chez N. Xhrouet) et un certain nombre de lettres inédites au comte d'Argental, Paris, 1782 ; Paris, 1806, in-12; Paris, 1818, in-8, éditées par Eugène Asse, Paris, 1878, in 12
Traducciones
- Discurso sobre la felicidad y correspondencia, Feminismos clásicos, ed. Cátedra. 1996.
- Discorso sulla felicità, edición de Maria Cristina Leuzzi, Palermo, ed. Sellerio, 1993.
Bibliografía Crítica
- BADINTER, E., Emilie, Emilie. L’ambition feminine au XVIIIème siècle, Flammarion, Paris, 1983, réédition 2006.
- MAUREL, A., La marquise du Châtelet, amie de Voltaire, París, Hachette, 1930.
- MAURO, F., Émilie du Châtelet, Plon, 2006
- MAUZI, Robert, L'idée du bonheur au XVIIIe siècle, Dans la litteérature et la pensée française, Ginebra-Paris, Slatkine, 1979.
- MOLERO, M. y SALVADOR, A, Mme. De Chatêlet, ed. Orto, Madrid. 2003.
- VAILLOT, René, Madame du Châtelet, Paris, Albin Michel, 1978.
- WADE, Ira Owen, Voltaire and Madame du Chatêlet, An Essay on the intellectual activity at Cirey, Princeton University Press, Princeton, Nj, Octagon Books, New Cork, 1967.
Enlaces de interés
- http://www.divulgamat.net/weborriak/historia/mateospetsuak/Inprimaketa
- http://www.fabula.org/actualites/article15554.php
- http://wodka.over-blog.com/article-1864944.html
Texto Representativo
(...)
Il faut commencer par se bien dire à soi-même et par se bien convaincre que nous n'avons rien à faire dans ce monde qu'à nous y procurer des sensations et des sentiments agréables. Les moralistes qui disent aux hommes: reprimez vos passions, et maîtrisez vos désirs, si vous voulez être heureux, ne connaissent pas le chemin du bonheur. On n'est heureux que par des goûts et des passions satisfaites; je dis des gouts, parce qu'on n'est pas toujours assez heureux pour avoir des passions, et qu'au défaut des passions, il faut bien se contenter des gouts. Ce serait donc des passions qu'il faudrait demander à Dieu, si on osait lui demander quelque chose...
Mais, me dira-t-on, les passions ne font-elles pas plus de malheureux que d'heureux? ]e n'ai pas la balance nécessaire pour peser en général le bien et le mal qu'elles ont faits aux hommes; mais il faut remarquer que les malheureux sont connus parce qu'ils ont besoin des autres, qu'ils aiment à raconter leurs malheurs, qu'ils y cherchent des remèdes et du soulagement. Les gens heureux ne cherchent rien, et ne vont point avertir les autres de leur bonheur; les malheureux sont intéressants, les gens heureux sont inconnus.
(...)
On connaît donc bien plus l'amour par les malheurs qu'il cause, que par le bonheur souvent obscur qu'il répand sur la vie des hommes. Mais supposons pour un moment, que les passions fassent plus de malheureux que d'heureux, je dis qu'elles seraient encore à désirer, parce que c'est la condition sans laquelle on ne peut avoir de grands plaisirs; or, ce n'est la peine de vivre que pour avoir des sensations et des sentiments agréables; et plus les sentiments agréables sont vifs, plus on est heureux. Il est donc à désirer d'être susceptible de passions, et je le répète encore: n'en a pas qui veut.
(...)
Qui dit sage dit heureux, du moins dans mon dictionnaire; il faut avoir des passions pour être heureux; mais il faut les faire servir à notre bonheur, et il y en a auxquelles il faut défendre toute entrée dans notre âme. Je ne parle pas ici des passions qui sont des vices, telles que la haine, la vengeance, la colère; mais l'ambition, par exemple, est la passion dont je crois qu'il faut défendre son âme, si on veut être heureux; ce n'est pas par la raison qu'elle n'a pas de jouissance, car je crois que cette passion peut en fournir; ce n'est pas parce que l'ambition désire toujours, car c'est assurément un grand bien, mais c'est parce que de toutes les passions c'est celle qui met le plus notre bonheur dans la dépendance des autres; or moins notre bonheur dépend des autres et plus il nous est aisé d'être heureux. Ne craignons de faire trop de retranchement sur cela, il en dépendra toujours assez. Par cette raison d'indépendance, l'amour de l'étude est de toutes les passions celle qui contribue le plus à notre bonheur. Dans l'amour de l'étude se trouve renfermée une passion dont une âme élevée n'est jamais entièrement exempte, celle de la gloire; il n'y a même que cette manière d'en acquérir pour la moitié du monde, et c'est cette moitié justement à qui l'éducation en ôte les moyens, et en rend le goût impossible.
Il est certain que l'amour de l'étude est bien moins nécessaire au bonheur des hommes qu'à celui des femmes. Les hommes ont une infinité de ressources pour être heureux, qui manquent entièrement aux femmes. Ils ont bien d'autres moyens d'arriver à la gloire, et il est sûr que l'ambition de rendre ses talents utiles à son pays et de servir ses concitoyens, soit par son habileté dans l'art de la guerre, ou par ses talents pour le gouvernement, ou les négociations, est fort au-dessus de celle qu'on peut se proposer pour l'étude ; mais les femmes sont exclues, par leur état, de toute espèce de gloire, et quand, par hasard, il s'en trouve quelqu'une qui est née avec une âme assez élevée, il ne lui reste que l'étude pour la consoler de toutes les exclusions et de toutes les dépendances auxquelles elle se trouve condamnée par état.
Discours sur le bonheur (1746-1747)
Traducción Castellana
(...)
Empecemos diciéndonos para nuestro fuero interno, y convenciéndonos bien, que no tenemos nada que hacer en este mundo, sino procurarnos sensaciones y sentimientos agradables. Los moralistas que dicen a los hombres: reprimir vuestras pasiones y domeñad vuestros deseos si queréis ser felices, no conocen el camino de la felicidad. Sólo somos felices gracias a las inclinaciones y las pasiones satisfechas; digo inclinaciones porque no siempre somos lo bastante felices como para tener pasiones, y a falta de pasiones, bien está contentarse con las inclinaciones. Pasiones tendríamos que pedirle a Dios si nos atreviéramos a pedirle alguna cosa…
Pero, se me dirá, ¿acaso las pasiones no hacen más desgraciados que felices? No tengo la balanza necesaria para pesar en general el bien y el mal que han causado a los hombres, pero no hay que olvidar que los desgraciados son conocidos porque tienen necesidad de los demás, que se complacen en relatar sus desgracias y buscan en ello remedio y alivio. Las personas felices no buscan nada y no van a contar a los otros su felicidad; los desgraciados son interesantes, las personas felices son ignoradas.
(...)
Conocemos, pues, más el amor por las desgracias que causa que por la felicidad, a menudo oscura, que esparce sobre la vida de los hombres. Pero supongamos, por un momento, que las pasiones hagan a más personas desgraciadas que felices; digo que, aún así, seguirían siendo deseables, porque es la condición sin la cual no se pueden gozar grandes placeres; y no merece la pena vivir si no es para tener sensaciones y sentimientos agradables; y cuanto más vivos son los sentimientos agradables, más felices somos. Debemos pues desear ser proclives a las pasiones, y lo vuelvo a repetir: no dependen de nuestra voluntad.
(...)
Quién dice sabio dice feliz, al menos en mi diccionario. Hay que tener pasiones para ser feliz, pero hay que hacer que concurran a nuestra felicidad y hay algunas a las que hay que impedir la entrada en nuestra alma. No hablo aquí de las pasiones que son vicios, como el odio, la venganza, la ira; pero la ambición, por ejemplo, creo que es una pasión de la que debemos defender nuestra alma si queremos ser felices, no porque no pueda darnos placer, que pienso que alguno puede ofrecernos esta pasión; tampoco porque la ambición sea un deseo constante, lo que es con seguridad un gran bien, sino porque de todas las pasiones es la que más hace depender nuestra felicidad de los demás, y cuanto menos depende nuestra felicidad de los demás, más fácil nos resulta ser felices. No temamos cortar demasiado en esto, porque siempre dependeremos demasiado. Por esta razón de independencia, el amor al estudio es de todas las pasiones la que más contribuye a nuestra felicidad. En el amor al estudio se encuentra encerrada una pasión a la que nunca son totalmente ajenas las almas elevadas, la de la gloria; diríamos incluso que ésta es la forma de adquirirla para la mitad del mundo, y es a esta mitad precisamente a la que la educación deja sin medios, haciendo imposible su goce.
Es seguro que el amor al estudio es bastante menos necesario para la felicidad de los hombres que para la de las mujeres. Los hombres tienen infinitud de recursos para ser felices de los que carecen totalmente las mujeres. Tienen otros medios de alcanzar la gloria y está claro que la ambición de hacer que sus talentos sean útiles para su país y sirvan a sus conciudadanos, bien por su habilidad en el arte de la guerra o por sus talentos para gobernar, o para negociar, está muy por encima de la que puede aportar el estudio, pero las mujeres están excluidas, por su estado, de todo tipo de gloria, y cuando, por azar, se encuentra alguna que haya nacido con un alma lo bastante elevada, sólo le queda el estudio para consolarla de todas las exclusiones y de todas las dependencias a las que se encuentra condenada por su estado.
Discurso sobre la felicidad
